—Je comprends, s'écria-t-il, je comprends.
—Vous comprenez, n'est-ce pas, que vous donnez Lorenzo Beio pour professeur à Flavie? Sans doute vous pourriez tout aussi bien le donner à Ida?
—Oh! ma fille!
—Justement, je sens ce cri d'un père qui ne veut pas mêler une fille comme mademoiselle Ida....
—Sie ist eine engel.
—Ja, ja, c'est un ange, et puis ce serait s'engager bien à fond que d'intervenir d'une façon si directe et si personnelle; tandis que, par l'entremise de Flavie, les choses se font sans que vous y mettiez la main. C'est Flavie qui demande des leçons à Beio, et rien n'est plus naturel. Beio a chanté sur les grands théâtres du monde, et c'est quand sa voix a été perdue qu'il s'est fait professeur; les leçons qu'il donne ont pour but de former des chanteurs et des chanteuses de théâtre. Flavie qui est une chanteuse de théâtre,—au moins elle peut le croire,—ne veut pas rester aux Bouffes, elle veut passer à l'Opéra-Comique ou à l'Opéra,—on a vu des exemples de cette ambition chez de simples grues;—elle s'adresse à Beio pour lui demander des leçons. Vous allez la voir quelquefois chez elle, n'est-ce pas?
—Quelquefois.
—Plusieurs fois par semaine?
—Oui, souvent.
—Tous les jours?