—C'est-à-dire que tout commence. La France a voulu la guerre, elle l'a. Maintenant, c'est la question de la prépondérance de la France ou de l'Allemagne en Europe qui est engagée: la Providence seule sait quand et comment elle se résoudra. Mais les intérêts généraux ne doivent pas nous faire oublier les intérêts particuliers; je viens donc vous demander à quoi vous vous êtes arrêté.

Le colonel regarda le baron comme pour le prier de préciser sa question.

Celui-ci s'inclina et continua:

—Il est à craindre, dit-il, que nous ne soyons nous-mêmes obligés de quitter Paris, car la guerre va prendre un caractère implacable; si cela se réalise, je désire savoir quelles sont vos intentions.

—Mais je n'ai pas de raisons pour quitter Paris, au contraire.

—Pas de raisons pour quitter Paris? Pas de raisons pour venir en Allemagne?

—Oubliez-vous que je suis Français d'origine? Ne savez-vous pas que je suis Français de coeur. Je ne peux pas, pendant la guerre, aller chez les ennemis de mon pays.

—Je vois que vous avez oublié notre entretien.

—Ah! certes, non, et je vous jure que vous ne devez douter ni de me sympathie ni de mon amitié pour mademoiselle Lazarus: mais....

Il hésita.