Alors elle se mit à sourire.
—Je vous étonne, dit-elle.
—Je l'avoue.
—Vous avez donc cru que je voulais tout simplement faire une excursion dans ces montagnes?
—J'ai cru ce que vous me disiez.
—Ce que je vous disais était la vérité, mais ce n'était pas toute la vérité: oui, j'avais grande envie de faire cette excursion pour le plaisir qu'elle pouvait me donner; mais aussi j'avais grand désir de me ménager un tête-à-tête avec vous, dans lequel je pourrai vous adresser une demande pour moi très importante.
—Je vous écoute.
—Ah? maintenant rien ne presse, car je ne crains pas que notre tête-à-tête soit troublé; déjeunons donc d'abord, ensuite je vous ferai mes confidences. N'écouterez-vous pas mieux? Pour moi, je parlerai plus facilement quand j'aurai apaisé mon appétit, car je meurs de faim.
Ouvrant son sac, il en tira les provisions et les ustensiles de table qu'il renfermait.
Ces provisions et ces ustensiles étaient des plus simples: du pain, un poulet froid et du sel; deux couteaux, deux verres et deux petites serviettes; dans une gourde recouverte d'osier, du vin blanc d'Yverne.