Pendant assez longtemps elle resta sans bouger, mais la femme de chambre s'étant avancée pour lui parler, ce fut elle qui se dérangea et qui, marchant doucement sur la pointe des pieds, alla au-devant de la domestique. Il s'agissait d'une armoire à ouvrir. Alors ayant bien regardé son père, elle entra dans la maison: il dormait toujours, et comme du balcon elle pouvait le voir à la place qu'il occupait, elle crut qu'elle pouvait sans inconvénient le laisser seul pour quelques instants.
A peine était-elle entrée dans la maison, que la jardinière qui était en même temps la concierge s'avança vers Fourcy, précédant un jeune homme assez élégamment vêtu, qui portait à la main un petit paquet enveloppé de papier blanc.
Au bruit de leurs pas sur le sable, Fourcy s'éveilla.
—Qu'est-ce que c'est?
Le jeune homme s'avança.
—Mon Dieu, monsieur, je suis vraiment fâché de vous avoir éveillé, mais je ne savais pas que vous dormiez, on m'avait dit que vous étiez dans le jardin vous reposant, et comme je ne pouvais pas laisser en des mains étrangères ce que j'apporte à madame Fourcy, qui est absente, j'avais cru que je pouvais demander à vous voir. Je vous fais toutes mes excuses.
—Ce n'est rien.
Et Fourcy tendit la main pour prendre le petit paquet que la jeune homme lui remit.
Il était assez léger ce paquet, et de forme ronde; sous le papier de l'enveloppe on sentait un couvercle bombé; en tout, cela avait assez l'air d'une boîte de bonbons.
Fourcy l'ayant pris le déposa négligemment sur une chaise à côté de lui, tandis que le jeune homme le regardait avec surprise.