Au moment où le commissaire aux délégations allait ouvrir la porte pour sortir, Fourcy était entré; mais le commissaire ne s'était arrêté que tout juste le temps de saluer.
—M. Charlemont vous expliquera ce qui m'amenait, dit-il en s'adressant à Fourcy.
Et vivement il sortit sans se retourner.
Cette brusque arrivée de Fourcy avait surpris M. Charlemont qui n'avait pas eu le temps de se préparer; il s'établit donc un moment de silence et ils restèrent en face l'un de l'autre, debout, sans faire un pas, à la place même où le commissaire venait de les laisser; chacun se demandant comment dire ce qu'il avait à dire: Fourcy la trahison de sa femme et de Robert; M. Charlemont la culpabilité possible, et l'arrestation de madame Fourcy.
Fourcy, trop profondément bouleversé pour réfléchir ne pouvait faire un effort de volonté assez puissant pour ressaisir sa raison.
Et M. Charlemont, en voyant le trouble désordonné de Fourcy, son agitation fébrile, sa pâleur mortelle, son tremblement, n'osait risquer une parole qui pouvait tuer le malheureux homme.
Cependant il fallait qu'il parlât sous peine d'exaspérer cette angoisse déjà si violente.
Se décidant enfin, il vint à lui et brusquement il lui prit les deux mains:
—Mon bon Jacques, tu sais combien je t'aime, dit-il, tu sais que tu n'as pas de meilleur ami que moi, et que quoi qu'il arrive, je serai toujours pour toi un camarade, un frère.
Sans répondre Fourcy le regarda avec effarement.