—Mon pauvre Jacques.
—C'est justement à M. Fourcy, à sa douleur que j'ai pensé, et c'est ce qui m'a inspiré cette démarche: ne faut-il pas qu'il apprenne la vérité?
—Elle va l'écraser.
—Peut-être lui serait-elle moins cruelle de votre bouche que de la mienne. Le rôle que j'ai rempli dans cette triste affaire et que mon devoir professionnel m'imposait, doit me rendre odieux à ce pauvre homme si rudement frappé dans son honneur et dans sa tendresse, car il adore sa femme, le malheureux. Vous, monsieur, il vous aime, il vous estime et il vous écoutera comme il ne pourrait pas m'écouter, moi en qui il verrait l'instrument de cette catastrophe. Je vous demande donc la permission de me retirer.
M. Charlemont n'aimait pas les scènes dramatiques et il avait horreur des émotions violentes, mais en cette circonstance, et pour la première fois de sa vie peut-être, il n'avait pas commencé par penser à lui: son pauvre Jacques.
—Vous avez raison, monsieur, il vaut mieux en effet, que vous ne lui portiez pas vous-même ce coup qui peut le tuer ou le rendre fou.
Et le commissaire s'était dirigé vers la porte; mais M. Charlemont l'avait retenu:
—Si le malheureux veut voir sa femme, le pourra-t-il?
—Cela dépend de M. le juge d'instruction.