—Alors pourquoi t'enfermer?
—Pour qu'on ne me dérange pas, voilà tout; tu penses bien que je n'avais pas peur d'être volée.
—Est-ce que cet écrin n'est pas neuf? dit-il en prenant celui qui paraissait n'avoir pas encore été touché.
—Tout neuf, je l'ai acheté hier avec le bracelet qu'il renferme, regarde.
Elle lui prit l'écrin des mains et l'ouvrant, elle le lui montra de loin en l'inclinant tantôt à droite, tantôt à gauche, en avant ou en arrière: sur le cercle en or se détachait une grosse émeraude entourée de diamants avec, çà et là, d'autres diamants plus gros qui suivaient le contour du bracelet.
—Vois comme l'émeraude est belle, dit-elle, d'un vert pur, comme les diamants brillent! Qui se douterait que tout cela est faux et coûte quelques centaines de francs?
—Pas moi à coup sûr; mais il est vrai que je n'y connais rien; pourquoi as-tu acheté cela?
—Pour compléter ma parure, et puis aussi parce que j'aime les pierreries et les bijoux; c'est une faiblesse, une niaiserie, tout ce que tu voudras, j'en conviens, mais enfin je les aime et ne pouvant pas satisfaire ma passion avec la réalité, je la trompe au moins avec l'illusion. Ne me gronde pas.
Il s'approcha d'elle et la prenant dans ses deux bras il la serra fortement sur sa poitrine en l'embrassant:
—Moi, te gronder, ma chère Geneviève, moi qui voudrais voir toujours un sourire dans tes beaux yeux. Si je t'ai demandé: «pourquoi as-tu acheté cela?» c'est simplement parce que je ne veux plus que tu portes des bijoux faux.