—Je ne demanderais pas mieux que d'en porter de vrais.
—Cela m'humilie autant que cela me peine de voir qu'une femme comme toi, avec ta beauté, avec ta supériorité, en est réduite à se parer de bijoux faux, tandis que les plus beaux, les plus vrais, seraient à peine dignes de toi: aussi tu vas me faire le plaisir de te débarrasser de tous ceux-là.
—Comment!
—Je ne veux plus que tu en portes des faux, mais comme d'autre part je ne veux pas contrarier tes goûts et que moi-même je trouve que les bijoux te vont admirablement, je serai heureux de t'en donner des vrais.
Ce fut elle à son tour qui le prit dans ses bras et l'embrassa.
—Mon bon Jacques!
—Tu es contente.
—Je suis heureuse de ton intention et je te remercie avec un coeur ému de ta bonté et de ta tendresse; mais je ne veux pas te permettre de réaliser cette intention, je ne veux pas que tu te ruines à m'acheter des diamants.
—Je ne me ruinerai pas.
—Je ne veux pas que tu dépenses ton argent, celui de nos enfants pour satisfaire mes caprices: est-ce qu'un mari doit se ruiner pour sa femme?