—Pour cette nuit, non pour ce soir; parce que cette nuit, au bras l'un de l'autre, je vous aurais parlé, vous m'auriez écouté autrement que nous ne pourrons le faire ici.

—Vous saviez bien que c'était impossible.

—Et pourquoi impossible?

Elle haussa les épaules.

—Vous ne voulez pas répondre, s'écria-t-il, d'une voix contenue mais cependant avec véhémence, eh bien, je vais, moi, répondre pour vous: parce que c'est l'anniversaire de votre mariage et que vous voulez être à votre mari tout entière, à votre mari qui vous aime et à qui vous payez en tendresse, en dévouement, en affection, en amour la passion qu'il éprouve pour vous.

Elle le regarda de haut, et ses yeux, réfléchissant la lumière, lancèrent deux éclairs.

—Qui vous prend? demanda-t-elle.

—Je vous répète les paroles mêmes qu'il vient de me dire. Comprenez-vous maintenant que je sois fou de désespoir et de jalousie, moi qui vous aime, non pas d'un amour de mari, mais avec toute la passion d'un amant qui ne vit que pour vous, que par vous, qui n'attend rien que de vous, bonheur ou malheur.

Au lieu de répondre à ce cri désespéré, elle interrogea:

—Pourquoi, comment, à propos de quoi a-t-il parlé de cela? demanda-t-elle.