—En me reprochant de sacrifier ma vie à une maîtresse qui ne pouvait que me dessécher le coeur, et en se donnant, en vous donnant vous et lui comme un exemple vivant du bonheur qui attend ceux dont la jeunesse a été à l'abri des passions.

Elle resta assez longtemps sans parler, le regardant, l'examinant, puis tout à coup comme si elle prenait une résolution qu'il fallait coûte que coûte exécuter:

—Eh bien, il a eu raison, dit-elle d'une voix ferme.

—Raison! Vous lui donnez raison? Vous! vous!

—Oui.

—Raison! il a eu raison de me dire qu'il vous aimait et que vous lui payez en tendresse, en dévouement, en affection, en amour la passion qu'il ressent pour vous?

—Vous savez que cette affection, et ce dévouement sont réels et il n'était pas besoin, il me semble, qu'on vous les signalât pour que vous les vissiez: vous les ai-je jamais cachés? Depuis que vous êtes entré dans cette maison, ces sentiments qui sont dans mon coeur ne se sont-ils pas montrés franchement et de toutes les manières? Vous ai-je jamais trompé à cet égard?

Il leva ses deux poings fermés vers le ciel, puis les ramenant violemment il se les enfonça dans les yeux.

—Ce n'est cependant pas à propos de cela que je vous ai dit qu'il avait eu raison, continua-t-elle, mais bien à propos des avertissements qu'il vous a donnés sur votre maîtresse, sur celle à qui vous sacrifiez votre vie et qui ne peut que vous dessécher le coeur.

—Mais cette maîtresse….