Et ce jour-là il lui fut supérieur, car il se trouva que c'était non seulement un anniversaire qu'ils fêtaient, mais encore l'aurore d'une ère nouvelle.

Le jour que madame Fourcy avait si fiévreusement désiré, si impatiemment attendu était arrivé: la fortune pour elle n'était plus désormais qu'une affaire d'années; dans un délai qu'elle pouvait calculer à peu près sûrement, elle se voyait riche.

Le rêve que Fourcy avait secrètement caressé sans oser le formuler franchement, même pour lui, était enfin réalisé: tout ce qu'il avait souhaité, tout ce qu'il pouvait espérer, il l'avait, il le tenait: Jacques Fourcy de la maison Charlemont, quel honneur!

Lucien se voyait l'associé de Robert Charlemont, c'est-à-dire à trente ans, une puissance, un personnage, un des rois de la finance parisienne.

«Marquise Collio», c'était ce que se disait Marcelle, car il était bien certain qu'en lui parlant comme il l'avait fait, son père n'avait eu d'autre but que de la préparer à ce mariage.

Il y avait là pour chacun de quoi assaisonner les mets qu'on leur servait et développer le bouquet des vins qu'on leur versait, de même il y avait de quoi aussi donner le sourire à leurs lèvres et l'entrain à leurs paroles.

Le temps passa avec rapidité, et lorsque, après le déjeuner, ils eurent fait le tour du bois de Boulogne dans leur voiture, Fourcy eut un mot qui traduisait leur satisfaction aussi bien que leurs espérances.

—L'année prochaine, dit-il, nous recommencerons cette bonne promenade, seulement j'espère que ce sera dans une voiture à nous, traînée par des chevaux à nous.

—Je demande à choisir les chevaux, dit Lucien.

—Moi, la livrée, dit Marcelle.