Vivement madame Fourcy prit les devants et répondit elle-même à cette interrogation:

—M. Ladret était venu pour passer la journée avec nous, mais en nous attendant, car nous rentrons seulement, il a pris froid dans le jardin sous l'ombrage trop frais des platanes et il vient d'avoir un mouvement fébrile qui l'oblige à nous quitter. Et elle regarda Ladret comme pour lui dire qu'il devait trembler de fièvre, mais il n'en fit rien, abasourdi qu'il était, autant qu'émerveillé de la façon dégagée dont elle le mettait à la porte.

—Et au moment même où vous êtes entré il se retirait, continua-t-elle, en avançant sur Ladret comme pour le pousser dehors.

Mais ses regards étaient si affectueux, sa parole était si douce qu'il fallait savoir ce qui venait de se passer entre eux pour deviner ce qu'il y avait réellement sous ces regards et cette parole.

Ladret recula, alors elle avança plus hardiment, le dominant, le poussant du regard, des mains, de toute sa personne.

Elle le conduisit ainsi jusqu'à la porte, lui parlant toujours doucement, lui prodiguant les plus vives démonstrations de sollicitude et de sympathie, le meilleur des amis, un père.

Mais lorsqu'elle lui eut ouvert elle-même la porte, il s'arrêta un moment et regarda autour de lui: le marquis Collio était dans l'embrasure d'une fenêtre à l'autre extrémité du salon; penché sur une jardinière dont il examinait les fleurs, il n'y avait donc pas à craindre qu'il entendît ce qui se disait dans l'embrasure de la porte, pourvu qu'on eût la précaution de baisser la voix. Alors il se pencha vers madame Fourcy.

—Tu sais, dit-il, en frappant d'une main sur sa poche et en lui soufflant ses paroles, les perles ne retourneront pas chez le bijoutier, elles restent à ta disposition!

—Mais partez donc.

—Et les actions du charbonnage, quand tu voudras, elles sont présentement à 11,500.