A ce moment il fut interrompu par la porte du salon qui venait de s'ouvrir, on annonça:

—M. le marquis Collio

XIII

Le père Ladret n'avait pas été trop exagéré en disant que le marquis Collio était fait pour affoler les femmes; c'était en effet un très joli homme; sans rien d'efféminé cependant, grand, bien pris, souple, élégant et gracieux de manières avec une de ces belles têtes italiennes larges au front, minces et fines au menton, qui semblent avoir été modelées dans un triangle allongé: la chevelure était noire et luisante comme les ailes d'un corbeau; les yeux étaient ardents et veloutés; et sur la blancheur de la peau un peu grenue se détachaient vigoureusement des moustaches soyeuses, assez minces pour ne pas cacher des lèvres roses et des dents nacrées.

Après les premières paroles de politesse qui furent courtes, au moins de la part de madame Fourcy, celle-ci revint au père Ladret et parut continuer un entretien interrompu:

—C'est bien réellement que vous voulez vous retirer, dit-elle, et toutes mes instances seront donc vaines pour vous retenir?

—Mais…

Elle lui coupa la parole, ne voulant pas lui permettre de répondre dans un autre sens que celui qu'elle entendait lui tracer et l'obliger à suivre.

Au reste, je serais désolée de penser que pour notre plaisir vous avez aggravé votre indisposition.

—M. Ladret est souffrant? demanda Evangelista d'une belle voix sonore et avec un léger accent, qui dans une bouche aussi gracieuse était un agrément.