— Hum… On appelle quelquefois le président Tsvetkov, « le prisonnier du Kremlin ». Ce qui est vrai en tout cas c’est que le Président est le prisonnier du Congrès.
— Vous voulez dire que le Congrès n’a encore rien fait ?
— Depuis que nous avons fait avorter la tentative de capture du Président, j’ai passé mon temps à l’aider à convaincre le Congrès. Tu as déjà eu affaire à une commission parlementaire, petit ? »
Je tâchai de saisir la situation : ainsi donc nous étions là bien tranquilles, pendant que l’espèce homo sapiens tout entière était en voie de disparition…
« Il est grand temps que tu découvres l’a b c de la vie politique, petit, continua-t-il. Le Congrès a souvent refusé d’agir dans des circonstances où le danger était plus manifeste encore qu’en ce moment. À l’heure actuelle il n’est pas évident. Nos preuves sont minces et très difficiles à croire.
— Et le sous-secrétaire d’État au Trésor ? Ils ne peuvent pas ne pas tenir compte de cela.
— Tu crois ? On a trouvé une larve sur le dos du sous-secrétaire d’État au Trésor, en pleine Maison Blanche, et nous avons abattu deux de ses gardes du corps du F.B.I., c’est exact, mais pour le moment notre Excellence est à Walter Reed sous le coup d’une dépression nerveuse, et il ne se souvient de rien. Le Trésor a seulement annoncé qu’une tentative d’assassinat contre le Président avait été heureusement déjouée. C’est vrai, mais pas au sens où ils l’entendaient.
— Et le Président a laissé dire ?
— Ses conseillers lui ont recommandé d’attendre. Sa majorité est incertaine et il y a dans les deux assemblées des gens qui veulent sa peau. La politique n’est pas un sport de tout repos.
— Enfin, quand même, dans un cas comme celui-ci, on ne devrait pas s’occuper de questions de parti. »