Le Patron souleva un sourcil. « Tu crois ça ? » dit-il seulement.
Je parvins enfin à lui poser la question pour laquelle j’étais allé le voir dans son bureau.
« Qu’est devenue Mary ? demandai-je.
— De ta part c’est une drôle de question », grogna-t-il.
Je ne répondis pas. « Où veux-tu qu’elle soit ? continua-t-il. Elle veille sur le Président. »
Nous commençâmes par nous rendre à une session secrète d’une commission interparlementaire. Au moment où nous arrivâmes, on passait des stéréos de mon ami Napoléon, l’anthropoïde. On voyait d’abord le singe avec son titan sur le dos, puis le titan en gros plan. Tous les parasites se ressemblent, mais je connaissais personnellement celui-ci et j’étais heureux de le savoir mort.
Je succédai au singe sur l’écran. Je me vis attaché au fauteuil. Je regrette de devoir dire que je faisais une bien sale gueule : la vraie frousse, ce n’est pas beau à voir. Je les vis enlever le titan du singe et le poser sur mon dos nu. Je m’évanouis sur l’écran et faillis bien m’évanouir une deuxième fois en chair et en os. Je ne tiens pas à décrire ce que j’éprouvai ; rien que d’y penser me rend malade.
Mais je vis cette créature mourir. Rien que cela valait le dérangement.
Le film s’arrêta. « Eh bien, messieurs ? dit le Président.
— Monsieur le Président !