Or, dans les zones infectées, les larves étaient maîtresses des postes émetteurs et les habitants n’entendirent jamais la solennelle mise en garde du Président.
Cependant, de Washington, nous avions toute raison de croire qu’ils l’avaient entendue. Les rapports qui nous parvenaient – disons de l’Iowa – ne différaient en rien de ceux venus de Californie. Le gouverneur de l’Iowa fut un des premiers à adresser un message au Président pour lui promettre tout son appui. Une émission relayée nous montra même le gouverneur s’adressant à ses ressortissants, nu jusqu’à la taille. Il faisait face à la caméra et j’avais envie de lui dire de se retourner. L’image fut reprise ensuite par une autre caméra et nous vîmes un dos en gros plan, tandis que la voix du gouverneur continuait à se faire entendre. Nous assistions à cette émission dans une salle de conférences toute proche du bureau du Président. Celui-ci avait gardé le Patron auprès de lui. Je l’avais suivi, et Mary continuait à veiller sur le Président. Martinez, le sous-secrétaire d’État à la Défense était là, lui aussi, ainsi que le chef d’État-Major général, le maréchal de l’air Rexton.
Le Président attendit en silence la fin de l’émission. Il se tourna ensuite vers le Patron.
« Alors, Andrew ? Je croyais que nous serions forcés d’isoler l’Iowa ? »
Le Patron se contenta d’un grognement.
« À mon avis, intervint le maréchal Rexton – notez bien que je n’ai pas encore eu le temps de me faire une opinion mûrement réfléchie – ils sont entrés dans la clandestinité. Il nous faudra sans doute passer au peigne fin toutes les régions suspectes.
— Fouiller tout l’Iowa, meule par meule, ne me dit pas grand-chose, grogna le Patron.
— Et comment voulez-vous faire autrement ?
— Mettez-vous donc à la place de l’ennemi ! Il ne peut pas entrer dans la clandestinité puisqu’il ne peut pas vivre sans porteur humain.
— Soit. En admettant que ce soit vrai, combien de parasites supposez-vous qu’il y ait dans l’Iowa ?