Personne ne sut quoi répondre. La Russie était un pays trop vaste pour qu’on puisse l’occuper ou le négliger. La Troisième Guerre mondiale n’avait pas résolu le problème russe et aucune guerre ne le résoudrait jamais. Les parasites se trouveraient peut-être là-bas comme chez eux.
« Nous nous en occuperons quand le moment sera venu, dit le Président qui passa un doigt sur la carte. Avons-nous du mal à transmettre des messages à la côte ?
— Il ne semble pas, répondit Rexton. Ils n’ont pas l’air de gêner les transmissions en relais direct. Mais je fais maintenant passer toutes les communications militaires en relais par les satellites artificiels. »
Il regarda sa montre-bague. « C’est le satellite Gamma qui opère en ce moment, précisa-t-il.
— Hum…, dit le Président. Dites-moi Andrew, à votre avis, ces créatures pourraient-elles s’emparer par surprise d’un satellite artificiel ?
— Comment le saurais-je ? répliqua aigrement le Patron. J’ignore si leurs astronefs sont construits pour cela ou pas. Il me paraît plus probable qu’ils procéderaient par infiltration, en se servant des fusées de ravitaillement. »
Ils discutèrent ensuite la question de savoir si les larves avaient déjà pu conquérir des satellites artificiels ; le plan « Dos nu » ne s’appliquait pas à ces derniers. Nous les avions construits de nos deniers mais juridiquement ils appartenaient à l’O.N.U.
« Ne vous en faites pas pour cela, dit tout à coup Rexton.
— Pourquoi ? demanda le Président.
— Messieurs, étant probablement le seul d’entre vous à y avoir servi, je vous apprendrai que le costume que nous portons en ce moment est quasi de règle dans un satellite. Un homme complètement habillé y paraîtrait aussi déplacé qu’un pardessus sur une plage. Du reste, nous allons bien voir. »