— Je n’y avais jamais pensé. »
Je m’efforçai de leur expliquer ce que l’on ressent quand on est possédé : on sait ce qui se passe, mais tout vous semble nuageux, et d’une importance ou d’une insignifiance égales. Je me sentais ému. Je ne suis pas d’un naturel nerveux, mais le fait d’être possédé par un « maître » vous change du tout au tout.
« Du calme, petit », me dit le Patron, tandis que le Président m’adressait un sourire rassurant.
« La question est la suivante, dit Rexton : où ont-ils atterri ? Nous pourrions peut-être encore capturer un engin intact.
— J’en doute, répliqua le Patron. Il ne leur a fallu que quelques heures pour camoufler le premier. En admettant que ç’ait été le premier », ajouta-t-il pensivement.
Je m’approchai de la carte et tâchai de réfléchir. La sueur au front, je désignai du doigt La Nouvelle-Orléans. « Je suis à peu près sûr qu’il y en a eu un par là, mais je ne sais pas où sont les autres, dis-je en fixant la carte.
— Pas par là ? demanda Rexton en me montrant la côte est.
— Je ne sais pas… je ne sais plus…
— Vous ne pouvez rien vous rappeler d’autre ? insista Martinez avec agacement. Faites un effort, sacrebleu !
— Je vous dis que je ne sais pas. Nous ne savions jamais au juste ce qu’ils comptaient faire. »