— Nous ne sommes pas dans un dispensaire, dit-il avec colère. Allons, s’il vous plaît…»

Ils étaient tous deux à portée. J’abaissai les deux bras et les refermai sur eux dans une étreinte puissante. Je les empoignai à l’endroit que je connaissais trop, juste entre leurs deux omoplates. Dans chaque main, je sentis sous leurs vestons quelque chose de mou et un sursaut de dégoût me secoua.

Un jour, j’ai vu un chat heurté par une auto ; la pauvre bête avait fait un saut prodigieux, à la verticale, le dos arqué dans le mauvais sens, tous ses membres écartés. Avec ces deux pauvres bougres, ce fut pareil : chacun de leurs membres se tordit dans un spasme atroce et je ne pus les retenir. Ils m’échappèrent des mains et roulèrent sur le sol. Mais cela suffisait ; après cette unique convulsion, ils s’avachirent complètement – peut-être étaient-ils morts.

On frappait à la porte. « Une seconde ! criai-je. Le docteur est occupé. »

Les coups cessèrent. Je m’assurai que la porte était bien fermée, me penchai sur le « docteur », et relevai son veston pour voir ce que j’avais fait à son « maître ».

La larve n’était plus qu’un tas de gélatine écrasée. Celle de l’assistant aussi. Cela me fit un vif plaisir, car j’étais bien résolu à détruire les parasites s’ils n’étaient pas déjà morts ; et je ne savais pas si j’y parviendrais sans brûler en même temps leurs porteurs. Je laissai ceux-ci à leur destin – qu’ils vécussent, mourussent, ou fussent repris par les titans, je ne pouvais rien pour eux.

Pour les « maîtres » qui attendaient toujours dans leurs cellules, c’était différent. Avec un faisceau de rayons en éventail, à la puissance maximale, je les brûlai tous. Il y avait deux grandes caisses contre un mur ; je les arrosai aussi de rayons jusqu’à ce que le bois se mît à roussir.

Les coups à la porte recommencèrent. Je cherchai hâtivement un endroit où cacher les deux hommes, mais il n’y en avait pas. Je décidai de filer. Au moment de prendre la porte de sortie, je sentis que j’oubliais quelque chose. Je jetai les yeux autour de moi.

Je ne parvins pas tout de suite à trouver ce qu’il me fallait. J’aurais pu prendre les vêtements du docteur ou de son assistant, mais je n’y tenais pas. Ce fut alors que je remarquai la housse de l’appareil de mesure. Je déboutonnai mon veston et tassai la housse en tampon sous ma chemise entre mes deux épaules. Une fois mon veston refermé, je me trouvai ainsi pourvu d’une bosse de la bonne dimension.

Après quoi je sortis dans un monde étranger et hostile…