— Peut-être. Outre les périodes de sommeil il y a une autre ou plutôt d’autres périodes, dont on ne garde que peu de souvenir. Je parle des « conférences ».

— Des conférences ? »

Je m’expliquai. Ses yeux brillèrent. « Ah, vous voulez parler de leurs pariades ?

— Non, je parle de leurs conférences.

— Ne voyez-vous pas que c’est la même chose ? Il y a pariade, puis mitose ou fission – ils se reproduisent à volonté dès qu’ils disposent de porteurs en nombre suffisant. Un contact précède probablement chaque mitose, celle-ci se produit ensuite quand la possibilité s’en présente. Au bout de quelques heures, ou plus rapidement encore, on a deux organismes-fils adultes au lieu d’un. »

S’il disait vrai – et en regardant les gibbons je ne pouvais en douter – pourquoi donc avions-nous été contraints de nous approvisionner en parasites expédiés par caisses quand nous opérions au Club de la Constitution ? Mais était-ce bien ce qui s’était produit ? Je n’en savais rien. Je faisais ce que mon maître voulait que je fasse et je ne voyais que ce que j’avais sous les yeux. En tout cas, la saturation de Kansas City s’expliquait maintenant clairement. Avec d’abondantes ressources en « matériel humain » à portée, et un astronef rempli de cellules porteuses de réserve, les envahisseurs s’étaient reproduits de manière à égaler en nombre la population humaine de la ville.

À supposer qu’il y eût mille parasites dans l’astronef qui devait avoir atterri près de Kansas City, et qu’ils puissent se reproduire une fois par vingt-quatre heures, s’ils avaient des porteurs en nombre suffisant à leur disposition, cela donnait…

Le premier jour mille larves…

Le second, deux mille…

Le troisième quatre mille…