À la fin de la première semaine, le huitième jour, si vous préférez, cent vingt-huit mille larves…

Au bout de quinze jours, plus de seize millions!

Et qui nous disait qu’ils ne puissent se reproduire qu’une fois par jour ? Rien ne prouvait non plus qu’un astronef ne puisse contenir que mille cellules porteuses ; c’était peut-être dix mille… ou plus… En supposant qu’il y en ait dix mille au départ et qu’elles puissent fissionner toutes les douze heures, en quinze jours on arrivait à

PLUS DE DEUX MILLIARDS ET DEMI DE LARVES

Ce chiffre n’avait pas de sens ; c’était astronomique. Il n’y a pas deux milliards d’hommes sur la terre, même en comptant les singes.

Nous allions être submergés par les larves et cela avant longtemps. Je me sentais encore plus déprimé qu’à Kansas City.

Le docteur Vargas me présenta à un certain docteur Mac Ilvaine qui appartenait à l’Institut Smithson. Mac Ilvaine était un spécialiste de psychologie comparée, auteur, m’apprit Vargas, d’un ouvrage intitulé : Mars, Vénus, et la Terre. Essai d’une analyse des intentions motivantes. Vargas s’attendait à me voir très impressionné, mais je n’avais jamais lu ce bouquin. Je me demande d’ailleurs comment on peut analyser les mobiles de Martiens qui étaient déjà tous morts à l’époque où nous grimpions encore aux arbres !

Ils commencèrent à parler boutique ; moi, pendant ce temps-là, je regardais les gibbons.

« Monsieur Nivens, me dit bientôt Mac Ilvaine, combien de temps dure une conférence ?

— Une pariade, rectifia Vargas.