CHAPITRE XX
Par miracle le Patron était libre quand je revins à la Maison Blanche, le Président venant juste de partir pour une séance secrète des Nations Unies. Je racontai au Patron ce que j’avais vu et lui fis part de mon opinion sur Vargas et Mac Ilvaine. « On dirait des enfants en train de comparer leurs collections de timbres-poste, dis-je. Ils ne se rendent pas compte que c’est sérieux. »
Le Patron secoua la tête. « Ne les sous-estime pas, petit, me conseilla-t-il. Ils ont plus de chances que toi ou moi de trouver la vraie solution.
— Allons donc ! Ils ont surtout des chances de laisser leurs larves s’échapper.
— Ils t’ont parlé de l’éléphant ?
— Quel éléphant ? Ils ne m’ont rien dit du tout ; ils ne s’intéressaient qu’à leur conversation et ils n’ont pas daigné faire attention à moi.
— Tu ne comprends rien à l’esprit scientifique. Quant à l’éléphant, voilà : un singe possédé s’est évadé, je ne sais comment. On a retrouvé son corps foulé aux pieds dans le quartier des éléphants. Un de ceux-ci avait disparu.
— Vous voulez dire qu’un éléphant est en liberté avec un parasite sur le dos ? »
J’eus l’horrible vision d’une espèce de tank doué d’un cerveau cybernétique.
« C’était une femelle, précisa le Patron. On l’a retrouvée dans le Maryland. Elle arrachait paisiblement des choux et n’avait plus de parasite.