— Quelles sales filles ?
— Ne fais pas l’innocent. Si tu avais voulu t’aménager une petite garçonnière, tu aurais installé une salle de bains pour femmes.
— Tu as l’esprit mal tourné ! »
Sans me répondre, elle passa dans la cuisine. Je l’entendis pousser un cri. « Qu’est-ce qu’il t’arrive ? demandai-je en la rejoignant.
— Jamais je ne me serais attendue à trouver une vraie cuisine dans un chalet de célibataire !
— Je ne suis pas trop mauvais cuisinier. Comme j’avais toujours eu envie d’une cuisine, ma foi, je m’en suis payé une.
— Je suis bien contente : maintenant ce sera moi qui ferai la cuisine.
— Tu es chez toi, fais ce que tu veux. Mais tu ne préfères pas commencer par te rafraîchir un peu ? Je te laisse prendre une douche la première. Demain nous demanderons un catalogue et tu choisiras la salle de bains que tu voudras. Nous la ferons livrer par avion.
— Non, prends d’abord ta douche, je vais commencer le dîner. »
Mary et moi entrâmes dans notre vie domestique avec autant d’aisance que si nous avions été mariés depuis des années. Cela ne veut pas dire que notre lune de miel ne fut pas romanesque et qu’il n’y eut pas mille choses que nous avions encore à apprendre l’un de l’autre, mais l’important était que nous semblions déjà savoir sur nous-mêmes celles qui faisaient vraiment de nous un mari et une femme. C’était surtout Mary qui les savait du reste !