— Je me souviens. Oh ! mon chéri, j’ai pourtant essayé de ne pas…
— C’est ma foi vrai, dis-je assez surpris. Tu as essayé de t’en aller. Mais comment faire ? Quand une larve vous tient, c’est fini. On ne peut pas lutter.
— Je n’ai pas réussi, mais j’ai essayé quand même. »
D’une façon ou d’une autre, Mary avait cherché à opposer sa volonté à celle du parasite – mais c’est là une chose impossible. Je le sais par expérience. Pourtant j’avais une vague idée que si Mary n’avait pas réussi, dans une mesure, si faible fût-elle, à résister à son parasite, j’aurais été vaincu dans la bagarre qui nous opposait, handicapé comme je l’étais par ma volonté de ne pas la tuer.
« J’aurais dû prendre une lampe, Sam, continua-t-elle, mais jamais je n’aurais pensé avoir quelque chose à craindre ici. »
Je fis un signe de tête affirmatif. C’était bien en effet comme un refuge que le chalet nous était apparu, pareil à un lit, à deux bras protecteurs où l’on se blottit…
« Le Pirate est tout de suite venu à moi, continua-t-elle. Je n’ai vu la larve qu’en le caressant. Il était déjà trop tard. »
Elle se redressa dans son lit.
« Où est-il, Sam ? Va-t-il bien ? Appelle-le. »
Je dus la mettre au courant. Elle m’écouta sans rien dire, hocha la tête et ne fit plus jamais allusion au pauvre Pirate.