« Maintenant que tu es réveillée, dis-je pour changer de sujet, il faudrait que je te prépare à déjeuner.

— Non », cria-t-elle.

Je m’arrêtai court.

« Je ne veux pas te quitter des yeux, poursuivit-elle. Sous aucun prétexte ! J’irai avec toi faire le déjeuner.

— Pas question ! Tu vas me faire le plaisir de rester au lit comme une petite fille bien sage.

— Viens ici et ôte tes gants. Je veux voir tes mains. »

Je n’ôtai pas mes gants, car la seule pensée de le faire me donnait le frisson, l’anesthésique ayant cessé d’agir.

« C’est bien ce que je pensais, dit-elle sévèrement. Tu es plus gravement brûlé que moi. »

Ce fut donc elle qui prépara le déjeuner. Qui plus est, elle le mangea, car pour ma part, je ne pus prendre qu’un peu de café. J’insistai pour qu’elle boive beaucoup ; dans les cas de brûlures étendues il faut à tout prix éviter la déshydratation. Elle repoussa bientôt son assiette.

« Mon chéri, dit-elle, je ne regrette pas ce qui s’est passé. Maintenant je sais ce que c’est. Maintenant nous sommes tous les deux passés par là. »