Une ambulance qui revenait de l’ouest se posa à côté de moi. « La route de Pascagoula est-elle ouverte ? » demanda le pilote.

La rivière Pascagoula, à trente milles à l’est de l’endroit où avait atterri la soucoupe, représentait à peu près la lisière de la zone jaune pour cette région. La ville du même nom, à l’est de l’embouchure, était dans la zone verte – tandis qu’à soixante ou soixante-dix milles à l’ouest de nous se trouvait La Nouvelle-Orléans – la plus forte concentration connue de titans au sud de Saint-Louis. Les forces qui nous attaquaient venaient de La Nouvelle-Orléans, tandis que notre base la plus proche était Mobile.

« Je n’en sais rien », dis-je au pilote.

Il se rongea un ongle. « Après tout, je suis bien passé à l’aller, je m’en tirerai peut-être aussi au retour ! » Ses turbines bourdonnèrent et il disparut. Je continuai à chercher le Patron.

Bien que la bataille terrestre se fût déplacée à quelque distance de nous, la bataille aérienne continuait à faire rage au-dessus de nos têtes. Je regardais les sillages de vapeur et essayais de deviner à quel parti ils appartenaient et comment les pilotes pouvaient s’y reconnaître, quand un grand avion de transport surgit non loin de nous, lâcha une volée de fusées retardatrices pour se freiner et déchargea une compagnie de troupes aéroportées. Cela me fit me poser de nouvelles questions ; les soldats étaient trop loin pour que je pusse dire s’ils portaient ou non des parasites. En tout cas, ils arrivaient de l’est.

Je repérai le Patron en train de parler avec le commandant du groupe de débarquement. Je m’approchai de lui et les interrompis. « Nous devrions filer, Patron, dis-je. Ils vont nous lâcher des bombes atomiques sur la tête avant dix minutes.

— Ne vous affolez pas, coupa le commandant imperturbable. Nous sommes trop peu nombreux pour qu’ils nous fassent seulement l’honneur d’une bombe miniature. »

J’allais lui demander comment il savait que les larves raisonneraient comme lui, quand le Patron me coupa la parole.

« Il a raison, petit. »

Il me prit le bras et me mena vers l’autavion. « Il a raison, mais ses raisons ne sont pas les bonnes.