— Hein ?
— Pourquoi n’avons-nous jamais osé bombarder les villes qu’ils tiennent ? Tu penses bien qu’ils n’ont pas envie d’abîmer leur astronef ; ils veulent le reprendre intact. Retourne près de Mary et n’oublie pas de te méfier des chiens et des étrangers, hein ! »
Je me tus, mais sans être convaincu. Je m’attendais d’une seconde à l’autre à nous voir tous transformés en déclics de compteur Geiger. Les larves se battaient avec l’intrépidité de coqs de combat – peut-être du reste, parce qu’elles n’étaient pas individualisées. Pourquoi se seraient-elles tant souciées du sort d’un de leurs astronefs ? Elles tenaient peut-être plus à nous l’enlever des mains qu’à le conserver.
Nous venions d’arriver à l’autavion, et je parlais avec Mary quand le jeune enseigne arriva au grand trot. Il salua le Patron.
« Le commandant a dit que vous pouviez faire tout ce que vous vouliez, monsieur. Absolument tout. »
À son attitude, je devinai que la dépêche de Washington avait dû être écrite en lettres de feu, avec force fioritures et enjolivures.
« Je vous remercie, dit doucement le Patron. Nous voulons seulement examiner l’astronef capturé.
— Certainement, monsieur. Veuillez m’accompagner, je vous prie. »
Ce fut du reste lui qui nous accompagna, ne sachant pas trop s’il devait escorter le Patron ou Mary. Ce fut Mary qui gagna. Je fermai la marche en m’attachant surtout à veiller au grain et à ne pas paraître voir le jeune enseigne. Sur la côte où nous nous trouvions, l’arrière-pays est une véritable jungle. La soucoupe empiétait sur une zone de brousse que le Patron traversa pour couper au plus court. « Attention monsieur, recommanda le petit enseigne. Regardez bien où vous marchez.
— Il y a des larves ? » demandai-je.