Il secoua la tête. « Non, des serpents corail. »
Au point où nous en étions un serpent venimeux m’aurait semblé aussi inoffensif qu’un lapin de choux. Je dus cependant prêter quelque attention à son conseil, car j’avais la tête penchée vers le sol quand l’incident se produisit.
J’entendis un cri. Je veux bien être pendu si ce n’était pas un tigre du Bengale en train de nous charger !
Ce fut sans doute Mary qui le toucha la première. Mon rayon précéda peut-être légèrement celui du jeune officier. En tout cas je ne fus pas en retard sur lui. Le Patron tira le dernier. À nous tous, nous grillâmes la pauvre bête de telle façon qu’aucun fourreur n’aurait pu seulement en tirer une descente de lit. Pourtant le parasite qu’il portait était indemne. Je lui réglai son compte d’une deuxième décharge. Le jeune officier le regarda sans étonnement.
« C’est curieux, dit-il, je croyais pourtant bien que nous avions liquidé toute la cargaison.
— Que voulez-vous dire ?
— Je parle du premier tank de transport qu’ils ont envoyé. C’était une vraie arche de Noé ! Il y avait de tout là-dedans, depuis des gorilles jusqu’à des ours blancs. Vous êtes-vous jamais fait charger par un buffle ?
— Jamais et je ne tiens pas à essayer.
— Notez que c’est encore préférable aux chiens. Si vous voulez mon avis, ces animaux-là n’ont aucun bon sens. »
Il regardait la créature sans aucune émotion.