— Merci, dit le Patron. Où cela ?
— Un instant », dit-elle.
Elle s’approcha de Mary et lui tâta les cheveux. « Il faut tout vérifier », dit-elle pour s’excuser. Si elle s’aperçut que la chevelure de Mary était en partie postiche, elle ne le laissa pas voir. « C’est bien, dit-elle enfin, allons-y. » Ses propres cheveux étaient coupés très court comme ceux d’un homme.
« D’accord, dit le Patron. Non, mon petit, ajouta-t-il à mon adresse, toi, tu vas rester là.
— Pourquoi ? demandai-je.
— Parce que tu as bien failli tout gâcher tout à l’heure, expliqua-t-il sèchement. Et maintenant, tais-toi.
— Le mess des officiers est dans le premier couloir à gauche, dit la capitaine. Si vous alliez nous y attendre ? »
C’est ce que je fis. Je passai devant une porte agréablement décorée d’une tête de mort et de tibias en sautoir peints en rouge ; le tout surmontait une inscription au pochoir. « Attention, parasites vivants. Entrée interdite sauf pour raisons de service. Suivez les consignes A. » Je me gardai bien d’enfreindre ces instructions.
Au mess, je trouvai trois ou quatre hommes et deux femmes qui se reposaient. Je dénichai un fauteuil libre et m’y assis en me demandant mélancoliquement combien de ficelles il fallait avoir sur la manche pour pouvoir obtenir un drink… Au bout de quelque temps, je fus rejoint par un grand gaillard d’humeur communicative qui portait les insignes de colonel suspendus à une chaîne de cou.
« Vous êtes nouveau ici ? » me demanda-t-il.