— Même si je voulais te le dire, je ne le pourrais pas. Je n’ai jamais écouté ton analyse, mon petit.

— Quoi ?

— C’est à mon adjoint que j’ai confié ce soin. Il m’a dit qu’il n’y avait rien là-dedans que j’aie besoin de savoir et je ne l’ai jamais écoutée.

— Vraiment ? En ce cas… je vous remercie…»

Il se contenta d’un grognement indistinct. Nous avons toujours réussi à nous intimider mutuellement, papa et moi.

CHAPITRE XXIX

Les larves étaient mortes d’une maladie qu’elles avaient contractée sur Vénus ; de cela tout au moins nous pensions être sûrs. Il était improbable que nous ayons avant longtemps la chance de recueillir des renseignements directs, car une dépêche arrivée pendant que je causais avec le Patron nous apprit que nous avions dû détruire la soucoupe de Pass Christian avec une bombe atomique pour l’empêcher d’être reprise par l’ennemi. Le Patron aurait pourtant bien voulu mettre la main sur les prisonniers humains de l’astronef, les ranimer et les interroger.

Il ne fallait plus y songer. Notre dernier espoir était que la solution du problème soit dissimulée tout au fond du cerveau de Mary. S’il existait une infection particulière à Vénus, qui soit fatale aux larves sans l’être aux hommes (Mary après tout n’y avait-elle pas survécu ?) il n’y avait qu’à les passer toutes en revue et à les essayer une à une. Charmante perspective ! Autant examiner un à un les grains de sable d’une plage. La liste des maladies spécifiques de Vénus et qui sont, non pas mortelles, mais simplement très désagréables est fort longue. Du point de vue d’un microbe vénusien, nous devons constituer un terrain fort ingrat – en admettant, bien entendu, qu’un microbe vénusien ait un point de vue, ce dont je doutais fortement malgré les idées farfelues de Mac Ilvaine.

Le problème était encore compliqué par le fait que les maladies particulières à Vénus dont nous avions des cultures vivantes sur la Terre étaient en nombre strictement limité. Cette lacune pouvait être comblée : il suffirait pour cela d’un siècle ou deux de recherches et d’explorations sur une planète étrangère.

En attendant, le petit jour amenait déjà avec lui un soupçon de gelée blanche. Le plan « Bain de soleil » ne pourrait pas se prolonger indéfiniment.