— Monsieur Nivens, dit-il, croyez-vous qu’un homme affligé d’un ventre comme le mien trouve plaisir à se balader à poil ?
— Non, je ne le pense pas en effet. Moi, cela m’ennuiera peut-être de me rhabiller comme autrefois. C’est une perte de temps et on est moins à son aise.
— N’ayez crainte ! Le changement de mode auquel nous avons assisté est permanent.
— Comment cela ? Je ne pige pas. Vous venez de dire que notre plan réussirait et maintenant vous parlez comme si le plan “Bain de soleil” devait rester indéfiniment en application ?
— Sous une autre forme, oui.
— Excusez-moi, dis-je, je suis sans doute bouché ce matin, mais…»
Il se commanda une autre bière. « Monsieur Nivens, je n’avais jamais pensé voir une base militaire transformée en camp de nudistes. L’ayant vu, je ne m’attends pas à un retour en arrière, c’est impossible. La boîte de Pandore une fois ouverte ne peut plus se refermer. Tous les chevaux du rio n’y feraient rien…
— D’accord, répliquai-je. Les choses ne redeviennent jamais tout à fait ce qu’elles étaient. Mais vous exagérez. Le jour où le Président annulera le plan “Bain de soleil”, les lois anciennes rentreront en vigueur et si quelqu’un se promène sans pantalon, on l’arrêtera pour outrage à la pudeur.
— J’espère que non.
— Quoi ? Écoutez, il faudrait tout de même savoir ce que vous voulez.