J’avalai ma salive.
« Patron, dis-je, ils sont partout… Ils tiennent la ville.
— Je sais. Comme Des Moines. Et aussi Minneapolis, Saint-Paul, La Nouvelle-Orléans et Kansas-City. D’autres villes encore peut-être. Je ne sais pas… Je ne peux pas être partout à la fois. »
Il fronça le sourcil. « C’est comme si l’on voulait boxer avec les pieds pris dans un sac, ajouta-t-il. Nous perdons du terrain. Et très vite ! Nous ne pouvons même pas nous attaquer aux villes que nous savons conquises.
— Bon Dieu, mais pourquoi ?
— Tu devrais t’en douter ! Parce que des autorités supérieures, et soi-disant mieux informées, ne sont toujours pas convaincues du péril. Parce que quand ils s’emparent d’une ville, la vie y continue normalement. »
J’ouvris de grands yeux.
« Ça ne fait rien, reprit-il doucement. Tu es notre premier coup de veine. Tu es la première victime des parasites que nous avons pu reprendre vivante et voilà que nous découvrons que tu te souviens de ce qui s’est passé. C’est très important. Et ton parasite est le premier que nous ayons pu capturer et maintenir en vie. Cela nous permettra de…»
Mon visage dut exprimer une terreur indicible. L’idée que mon « maître » était encore vivant et capable de me ressaisir était plus que je ne pouvais en supporter.
Le Patron me secoua vigoureusement. « Du calme, dit-il tranquillement. Tu es encore très faible.