— Il a dit “êtres”.

— Y a-t-il eu des rapports provenant de la périphérie de la zone ?

— Des masses ! La station de téléstéréo de Des Moines a envoyé des camions sur place pour des prises de vues. Mais ils n’ont diffusé que des vues prises d’avion, de très haut. On n’apercevait qu’un objet en forme de disque. Pendant à peu près deux heures il n’y a plus eu ni images ni nouvelles. Un peu plus tard, on a reçu des gros plans accompagnés d’informations conçues dans un esprit tout différent. »

Le Patron se tut.

« Alors ? dis-je.

— Soi-disant, ce n’aurait été qu’un canular. L’astronef serait une fumisterie, une blague, imaginée par deux jeunes paysans qui l’auraient construit avec des feuilles de tôle et de matière plastique, dans une clairière près de leur ferme. Les premières fausses nouvelles auraient été lancées par un speaker. Il aurait donné cette idée aux jeunes gens, dans l’espoir d’en tirer un beau papier. On l’aurait révoqué et la dernière “invasion interplanétaire” ne serait qu’une plaisanterie. »

Je fis la grimace. « Une plaisanterie qui nous a coûté six hommes ! Nous allons les rechercher ?

— Non. Nous ne les retrouverions pas. Nous allons tâcher de découvrir pourquoi le repérage trigonométrique de la photo ne coïncide pas exactement avec les informations radiodiffusées…»

Il me tendit la téléphoto prise du satellite artificiel.

«… et aussi pourquoi la station de Des Moines a cessé pendant quelque temps ses émissions, acheva-t-il.