— C’est ça. Apportez-le ici. »

Je me dirigeai vers la porte.

« Où vas-tu ? me lança sèchement le Patron.

— Dehors, répliquai-je. Je ne veux pas voir ça. »

Il m’empoigna par l’épaule et me fit faire demi-tour. « Ah ! mais non ! Tu connais ces êtres-là, toi. Ton avis peut nous être utile.

— Lâchez-moi !

— Tu resteras ici, répéta-t-il férocement, même si je dois te faire ficeler à un fauteuil. J’ai été très indulgent avec toi à cause de ta maladie, mais j’en ai assez de tes caprices. »

J’étais trop las pour lutter.

« C’est vous le Patron, dis-je. Comme vous voudrez. » Les gens du laboratoire apportèrent sur ces entrefaites une sorte de fauteuil roulant qui ressemblait à s’y méprendre à la chaise électrique de Sing-Sing. On y avait fixé des colliers de serrage destinés à maintenir les chevilles, les genoux, les poignets et les coudes de l’occupant. Une sorte de corset devait lui serrer la poitrine et la taille, mais le dossier était découpé pour lui laisser les épaules accessibles.

Ils placèrent cet étrange meuble à côté de la cage dont ils enlevèrent la face contiguë au fauteuil. Le singe les regardait faire avec ses yeux attentifs et perspicaces, mais ses membres pendaient toujours, comme inertes. Pourtant mon inquiétude s’accrut encore quand on ouvrit la cage. Seule la menace du Patron de me faire maintenir sur place de force en cas de besoin m’empêcha de fuir. Les techniciens s’écartèrent ; tout était prêt. La porte de la pièce s’ouvrit et plusieurs personnes entrèrent. Mary était du nombre.