—Je n'ai pas vu les boucles d'oreilles, maître, répondit l'apprenti. C'est Mathieu Romyn qui m'en a parlé.

—Et Romyn les a-t-il vues?

—Il ne les as pas vues non plus.

—Alors qui?

—Puis-je le dire, maître?

—Certes, vous devez le dire.

—Eh bien, il y a un marchand de bestiaux de Ruysbroeck qui connaît bien Lina. Celui-ci a dit à Mathieu Romyn qu'il a rencontré, il y a huit jours, à Bruxelles, Lina Wouters au bras d'un jeune monsieur. Elle portait une robe de soie comme une demoiselle de la ville, et de grandes boucles d'oreilles qui brillaient comme des diamants. Je n'en sais pas davantage.

Le vieillard était devenu tout pâle et ses lèvres tremblaient; mais il ne disait pas un mot, et paraissait muet de colère et de chagrin.

Sur un signe du maître l'apprenti sortit.

—Pauvre Wouters, si pareilles choses n'étaient pas des calomnies, comme ce serait terrible. Le soupçon seul est déjà un malheur, n'est-il pas vrai?