—Mon fils vient ici tous les jours.

—Oui, précédemment nous le voyions deux ou trois fois par semaine; mais à présent il ne viendra plus jamais ici.

—Alors, vous voulez me faire croire qu'il a rompu tout à fait avec vous?

—Je ne comprends pas bien. Mon grand-père a interdit à M. Herman l'accès de notre maison, et M. Herman a promis d'obéir, si pénible que lui fût cet adieu définitif.

—Serait-il possible? On a chassé mon fils d'ici?

—On l'a prié, supplié, d'oublier désormais le chemin de notre humble maisonnette.

—S'était-il donc mal conduit, même envers vous?

—Non, il est la bonté et l'honnêteté même. Mais les gens du village disaient de nous toute sorte de mal à cause des visites que M. Herman nous rendait. Ils croyaient que nous l'attirions chez nous pour nous faire donner de l'argent, ils osaient même répandre le bruit que j'avais accepté de lui des robes de soie et des pendants d'oreilles en brillants.

—Je viens du village; un honnête habitant m'a affirmé avoir vu de ses propres yeux vos robes de soie et vos boucles d'oreille en brillants… Et cela ne serait pas vrai?

—Oh! Monsieur, les gens du village ne savent pas ce qu'ils disent. Votre fils respectait trop notre pauvreté pour nous offrir quelque chose, et nous attachions un trop haut prix à son estime et à son amitié pour accepter quelque chose de lui.