La jeune fille se leva, le regarda un instant avec étonnement, puis accourut vers lui avec un cri de joie et lui dit:

—Bonjour, monsieur Steenvliet! Quel bonheur de vous voir ici! Et comment se porte M. Herman?

—Quoi, M. Steenvliet? grommela l'entrepreneur, à la fois surpris et blessé. D'où savez-vous mon nom?

—Je vous reconnais, Monsieur; votre fils vous ressemble étonnamment.

—Voilà la première fois qu'on me dit cela. Vous croyez me flatter… Herman m'a vu venir, n'est-il pas vrai?

—Ah! je vous en supplie, monsieur Steenvliet, tranquillisez-moi. Lorsque M. Herman nous a quittés pour la dernière fois, il était si triste, si désespéré! N'est-il pas malade?

—Ne faites donc pas l'ignorante, dit l'entrepreneur d'un ton acerbe. Vous cherchez à me faire sortir du jardin; mais ces grosses malices ne peuvent pas réussir avec moi. Herman est ici, et je veux le voir, tout de suite, sans retard.

—Mais pourquoi avez-vous l'air si fâché contre moi, Monsieur? murmura Lina de plus en plus étonnée. M. Herman serait ici? Je n'en sais rien. Il y a cinq jours qu'il nous a honorés la dernière fois de sa visite.

—Vous me trompez.

—Ah! Monsieur, moi vous tromper? Pourquoi?