—Oui, moquez-vous de moi aussi, grossier lourdaud, répondit l'autre. Je le mérite bien. Où est votre maître? Il dort sans doute encore, le grippe-sou? Lui aussi a bu du Champagne; mais s'il pouvait en attraper la crampe éternelle…

—Mon maître? répète le vieillard. Je n'ai pas de maître.

—N'êtes-vous pas le domestique de l'Aigle d'or?

—Non, je suis le maître ici.

—Ah! c'est étrange! Où suis-je donc ici?

—Dans une maison d'ouvriers, près du chemin de Loth.

—Et où sont restés mes camarades?

—Nous n'avons vu personne que vous. Vous étiez tombé dans l'obscurité devant notre porte et vous vous étiez sans doute fait mal. Notre Lina et moi, nous vous avons relevé, porté dans la maison et couché sur mon lit pour vous reposer.

Le jeune homme jeta sur le vieillard un regard moins hostile.

—S'il en est ainsi, je vous remercie de tout cœur, brave homme, murmura-t-il. Mais vous auriez beaucoup mieux fait de me laisser coucher dehors.