—Au milieu de la nuit? A l'air froid? Sur le sol humide? Ah!
Monsieur, vous auriez pu y contracter une maladie mortelle.
—C'eût été tant mieux, brave homme; je ne mérite pas de vivre. Je suis un lâche, un mauvais sujet. Personne n'aurait déploré ma perte.
—Vous n'avez donc pas de père, Monsieur?
Le jeune homme leva les épaules.
—Une mère?
—Ah! si j'avais encore ma mère, soupira le jeune monsieur en levant les yeux au ciel, je ne me conduirais pas comme un méprisable libertin.
—Bah! bah! Monsieur, prenez courage, dit le vieillard d'un ton de compassion affectueuse. Votre cœur est encore bon, et quand le repentir est là l'amendement et le salut sont à la porte.
Tout en parlant, le jeune homme s'était approché d'un petit miroir pendu à la muraille, il s'y regarda et recula avec une sorte d'aversion à l'aspect de son image.
—Dieu que je suis laid et sale! s'écria-t-il en tremblant de honte.
Paraître ainsi devant les gens en plein jour!
—Là, sur cette petite table il y a un bassin avec de l'eau de pluie; un essuie-mains et un morceau de savon. Tout ce qui vous est nécessaire, même une brosse à habits. Monsieur veut-il s'habiller et s'arranger? Je vous laisse seul et j'attendrai là dehors que vous ayez fini. Il fait froid, notre poêle brûle bien, ma fille tient toute prête pour vous une tasse de fort café. Cela vous remettra complètement.