—Tournez-vous vers les autres membres votre famille, ensemble ils peuvent beaucoup. Mais il faut vous presser, la chose ne souffre aucun retard. Cette catastrophe sera connue tout de suite. Vous ne pouvez échapper au déshonneur qu'en versant les deux cent cinquante mille francs à la Banque. Heureusement vous ne faites point partie du conseil d'administration, sans cela on pourrait vous rendre responsable du détournent de l'argent des actionnaires.
—Je n'espère rien de mes parents, murmura le baron. La somme est trop considérable. D'ailleurs je n'ai pas le temps d'attendre.
—Mais, mon pauvre monsieur d'Overburg, que croyez-vous donc pouvoir tenter?
—Je n'ose presque pas vous le dire, répondit le baron d'un air craintif. Vous m'avez témoigné de l'amitié, vous m'avez fait des offres de service. Dans ma détresse j'ai pensé à vous comme à mon dernier recours.
—A moi? grommela l'entrepreneur, peu flatté de la préférence. Je ne dis point que je n'aurais pas plaisir à venir à votre secours; mais deux cinquante mille francs! C'est une fortune.
M. d'Overburg tendit les mains vers lui, et dit sec un ton de supplication:
—Ah! ayez pitié de mon malheur! Vous possédez des millions. Vos grandes entreprises de toute nature amènent encore tous les jours de nouveaux capitaux dans votre caisse. Si vous consentiez à me prêter ce dont j'ai besoin pour acquitter ma dette envers la Banque, vous n'en resteriez pas moins riche.
—Mais, monsieur le baron, lors même que je voudrais, il me serait impossible de tirer un quart de million de ma poche sans me mettre moi-même dans l'embarras.
—Vous avez un crédit illimité, mon bon monsieur Steenvliet.
—En tous cas, on ne prête pas deux ou trois cent mille francs sans garantie.