—Votre coucou retarde. Je commence réellement à croire, Lina, que vous cherchez à m'empêcher d'aller à l'Aigle d'or.

—Eh bien, oui, j'en conviens. Il me semble même que je sacrifierais volontiers deux années de ma vie pour vous en empêcher.

—Allons, allons, votre bon cœur vous fait craindre sans raison. Je tiendrai la promesse que je vous ai faite. Croyez-moi, ce soir du moins je serai très sobre, très modéré… D'ailleurs ma vie orageuse de jeune homme va bientôt prendre fin. Je vais me marier.

—Ah! c'est bien! s'écria joyeusement Lina. Votre future est sans doute très riche.

—C'est la fille d'un baron.

—Et vous vous aimez sincèrement, n'est-il pas vrai? demanda la mère
Wouters.

—Cela viendra peut-être, murmura Herman en levant les épaules.

—Se marie-t-on donc sans amour chez les gens riches?

—Quelquefois. J'épouse une très noble demoiselle que je n'ai vue que deux fois et très peu de temps; mais je l'épouse parce que mon père dit que ce mariage le rendra heureux.

—Ah! c'est une autre affaire, Monsieur; comme cela je comprends la chose.