—Maintenant, bonnes gens, dit le jeune homme en se tournant vers la porte, je vous renouvelle l'expression de mes sincères remerciements, et je vous prie d'annoncer au père Wouters que je considère comme un devoir pour moi de venir à la première occasion lui témoigner aussi ma reconnaissance.
—Si vous vouliez de temps en temps nous honorer d'une visite en passant, vous nous feriez beaucoup de plaisir, murmura la jeune fille. Pas vrai, ma mère, M. Herman sera toujours le bienvenu ici?
—Oui, oui, Monsieur, toujours le bienvenu, affirma la vieille femme.
—Portez-vous bien toutes deux: au revoir!
Et Herman Steenvliet, traversant le jardinet devant la maison, enfila le chemin de terre.
Il pressa le pas dans la direction de l'auberge de l'Aigle d'or; mais il secouait la tête en se parlant à lui-même, et souriait en évoquant l'un après l'autre tous les doux souvenirs qui lui avaient fait revoir, comme dans un beau rêve, les jours heureux de son enfance.
Il avait déjà fait un bon bout de chemin lorsque, dans sa préoccupation, il faillit renverser en le heurtant, un vieillard qui venait en sens contraire avec un sac de toile sur le bras.
—Ah! père Wouters, je vous demande pardon, balbutia-t-il. J'étais tellement distrait et absorbé que je ne vous avais pas vu.
—Maintenant je vous reconnais bien aussi, dit le vieillard; vous êtes M. Herman Steenvliet.
—Oui, et je suis allé chez vous pour vous remercier de vos bons soins. Je suis enchanté de vous rencontrer. Croyez que je vous garderai une profonde reconnaissance.