—Oui, monsieur, aussi longtemps que je vivrai.

—Vous êtes maintenant dans la fabrique de M. Verbeeck, et, la semaine prochaine, on vous placera au diable en qualité d'aide. C'est un bon moyen d'arriver à quelque chose. Mais cela va bien lentement, mon garçon. Avec votre instruction, on peut trouver peut-être un chemin plus court.

—Je deviendrai contre-maître, monsieur.

—Et alors?

—Alors, monsieur, mon père ne travaillera plus, ni ma mère non plus.

—Vous êtes un brave garçon, dit M. Raemdonck touché. Que gagnez-vous, à présent? Quatre ou cinq francs par semaine, n'est-ce pas? Ce n'est pas assez. Je veux vous aider à atteindre le noble but que votre cœur vous montre, en vous ouvrant une carrière où, avec votre instruction et votre bonne volonté, on peut avancer beaucoup plus vite. J'avais l'intention de vous donner un livre; mais tous les livres de ma bibliothèque seront à votre disposition. Je veux vous faire un autre cadeau. Voulez-vous être commis dans mon bureau? Si vous restez dans les bonnes idées où vous êtes, je vous pousserai et je vous traiterai comme mon fils.

—Ô monsieur! tant de bontés! s'écria Bavon en levant les mains vers lui.
Que ma mère sera contente!

—Vous acceptez donc la place?

—Je puis à peine parler… Oh! oui, oui, je ferai de mon mieux.

—Mais vous ne demandez pas ce que vous gagnerez. Si vous vous rendez utile et travaillez avec zèle, j'augmenterai bientôt vos appointements, cela dépend de vous. Maintenant, et pour le moment, vous toucherez quatre cents francs; c'est au moins deux fois autant que votre salaire actuel.