—Ô chère Christine! que Dieu te bénisse! C'est à toi, à toi seule que nous sommes redevables de ce bonheur. Tu es plus qu'une mère pour tes enfants, plus qu'une femme pour moi: tu es notre ange gardien.

Bavon se leva soudain et se mit à crier, en courant vers la porte:

—Ô Godelive, Godelive!

Sa mère courut derrière lui en poussant un cri d'angoisse.

—Ciel! mon pauvre fils, que t'arrive-t-il? dit-elle.

Mais Bavon, rouge de confusion, se jeta dans ses bras et répondit:

—Ce n'est rien, ma chère mère, je rêve; la joie me fait perdre la tête.

VII

Le lendemain, Bavon se rendit à son bureau; il était si joyeux et si plein d'enthousiasme, qu'il était entièrement absorbé par son nouveau travail. Le soir, il apporta des écritures avec lui et resta assis, la plume à la main, jusqu'au moment où ses parents lui rappelèrent qu'il était temps d'aller se coucher. Il ne parla même plus de Godelive ni des regrets qu'il avait parce qu'elle n'avait pu voir son triomphe.

Mais, après quelques jours d'exaltation, le calme rentra dans son esprit. Le souvenir de son amie absente lui revint avec autant de force qu'auparavant, et il pria instamment sa mère d'écrire à Godelive. La pauvre fille se réjouirait de son bonheur, et ce serait sans doute une consolation à ses chagrins.