—Ah! qu'il fait beau et frais ici, et quelle bonne odeur!

Bavon, plus calme en apparence, se promenait avec ses parents dans les sentiers, leur montrait les fleurs, cueillait pour eux celles qui répandaient le meilleur parfum, et les conduisit ainsi sous un berceau de verdure, où ils s'assirent en riant pour jouir un moment à leur aise de la vue du jardin.

Là, il y avait sur la table un pot en porcelaine avec du tabac, et à côté quatre ou cinq longues pipes hollandaises.

—Tiens! murmura Adrien étonné, je savais que M. Raemdonck fume quelquefois un cigare; mais il est vrai que, comme on le dit, beaucoup de messieurs fument la pipe chez eux.

—Vous ne comprenez pas, père, remarqua Bavon; M. Raemdonck a fait mettre là le tabac et les pipes pour que vous puissiez y fumer à votre gré.

—Impossible, Bavon.

—Il me l'a dit lui-même, père. Vous devez fumer pour lui faire plaisir.

—Quelle bonté! Alors, je me risque; car le tabac paraît très-bon. Deux ou trois bouffées… rien que pour contenter notre généreux maître.

Il alluma sa pipe, fit monter la fumée en petits nuages jusqu'à la verdure de la voûte et dit alors en souriant, et d'un air joyeux:

—Excellent tabac! Que les gens riches sont heureux! Tenez, comme cela, sur ce banc, le visage tourné vers ce beau jardin et la pipe à la bouche, je voudrais passer ma vie.