—Vous vous trompez, cher père, repartit Bavon. Il y a encore quelque chose que vous feriez.

—Oui, aller à la pêche, n'est-ce pas? J'aime beaucoup cela, en effet; cela me servirait à varier un peu mes amusements.

Pendant ce temps, les petites filles se plaisaient à comparer les fleurs entre elles, et discutaient sur leur beauté et leur parfum.

Le père Damhout déposa sa pipe en disant qu'il la reprendrait plus tard; car sa femme était impatiente de visiter la maison.

Bavon les conduisit d'abord dans une couple de chambres qui étaient très-bien ornées, mais qui n'offraient rien de particulier. Dans la cuisine, la femme Damhout admira le beau fourneau luisant et les chaudrons étincelants, les pots et les poêles à frire, qui s'étalaient le long des murs.

Dans la cave, il y avait un tonneau de bière sur son chantier; un bac maçonné contenait un certain nombre de bouteilles de vin, et il s'y trouvait même un grand pot de grès, qui contenait assurément une provision de beurre.

Cela fit dire aux Damhout que M. Raemdonck n'avait rien oublié, et que son neveu trouverait tout prêt, absolument comme s'il avait lui-même occupé la maison depuis longtemps.

Au grenier, sur des cordes à sécher, on avait étendu quelques filets de pêche de formes diverses, tout neufs et fabriqués avec beaucoup de soin. Le père Damhout, qui était connaisseur, les prit en main, essaya la solidité du fil et murmura en lui-même:

—Heureuses gens, ils ont tout ce que leur cœur peut désirer!

—Maintenant, au salon, à la plus belle chambre! cria Bavon. Là, vous verrez des choses autrement belles; et nous allons y boire, à la santé de M. Raemdonck, l'excellente bouteille de vin qu'il a donnée pour nous.