Rose fit encore un mouvement; elle prit le crucifix placé sur son coeur, le porta à ses lèvres, leva au ciel ses yeux mourants, et demeura ainsi immobile....
Tandis que le prêtre murmurait les prières de l'Église sur la mourante, je tenais les yeux fixés sur elle comme en extase.
Ah! comme elle était belle, ce doux ange qui avait pour auréole une couronne de mariée! comme la béatitude, rayonnait sur ses traits souriants! Quel espoir, quelle foi, quelle élévation vers Dieu dans son regard immobile!
Je joignis les mains en frémissant de respect et d'admiration: la voix du prêtre résonnait dans le silence de la chambre.
—Priez, dit-il tristement, priez mes enfants; son âme est montée au ciel!
Tous tombèrent à genoux; je tombai devant le lit en levant les bras vers le souverain arbitre des destinées humaines, pour le remercier de sa bonté infinie.
CONCLUSION
J'étais resté deux jours et deux nuits dans la demeure du vieux sculpteur. Son long et triste récit avait plus d'une fois fait couler mes larmes; et avant même d'avoir entendu la fin de l'histoire de sa vie, une si profonde admiration s'était élevée en moi, que je ne pouvais plus le regarder sans être ému de vénération et de respect.
Au moment où j'allais partir, je serrai une dernière fois, avec une ardeur fébrile, les mains du vieillard, qui était pour moi la personnification vivante de l'espérance et de l'amour, et qui m'avait fait comprendre l'étonnante puissance du souvenir.