[Note 2: Dans certaines parties de la Belgique, c'est la coutume de parer d'une couronne de fleurs artificielles le front des enfants mort.]

—Viens, Mieken, murmura le petit garçon en l'éloignant avec la main de la petite tombe. Je ne voudrais pas mourir tout de même, car je ne pourrais plus jouer avec toi.

Mais, si nous pouvions aller au ciel ensemble, ce serait bien ainsi, n'est-ce pas?

—Non, non, ne parle plus de cela, répliqua Janneken avec tristesse. Cela me fait peine. Ah! Mieken, n'es-tu donc pas contente sur la terre?

Ils s'approchèrent de l'autre côté de l'église.

Il y a là, contre le mur, un petit enclos fermé d'une grille de fer établie pour protéger une tombe contre les pieds des passants. Une porte à serrure est ménagée dans la grille, et, à deux pas de là, est un banc en bois de chêne dont la surface est polie par un long usage.

Dans l'enclos, pas de pierre portant le nom du mort chéri; mais le sol est couvert de fleurs délicieuses. Il est visible qu'une main pieuse les soigne et les arrose; car, tandis que dans le reste du cimetière, le gazon est à demi grillé par la chaleur de l'été, les fleurs de la tombe montrent une fraîcheur et une vitalité surprenantes.

—Tiens! s'écrie la petite fille, encore de nouvelles fleurs sur la tombe de fer.... Des fleurs sorties de terre et écloses en une seule nuit; c'est étrange, n'est-ce pas? Des fleurs qu'on ne trouve nulle part, ni dans les prés, ni dans les champs, ni dans les bois!

—O innocente Mieken! c'est toujours l'ermite qui les plante là!

—Oui. Alors, que signifie ce banc usé? c'est la dame blanche qui vient s'asseoir toutes les nuits sur le banc, prés de la tombe de fer, jusqu'à ce que les coqs chantent?