Dans l'après-midi, pendant que ses compagnons, après avoir déposé leurs havre-sacs, s'étaient couchés sur le sol pour prendre du repos, Donat était allé à une petite chute d'eau qui tombait en murmurant sur des blocs de rocher, à une centaine de pas de distance. Il avait soif et voulait boire. En se penchant au-dessus du ruisseau, clair comme le cristal, il vit briller quelque chose dans l'eau. C'était un caillou gros comme le poing et qui paraissait fendu au milieu. Le coeur du jeune paysan se mit à battre violemment; il était pâle et resta dans une immobilité complète à contempler l'objet étincelant, comme si un spectacle merveilleux l'avait frappé de stupeur. Toutefois, il saisit le caillou, l'examina de tous ses yeux, le baisa avec transport, puis courut à travers les sénevés vers ses compagnons, en poussant des cris de joie et faisant toute sorte de gestes et de cabrioles.

—Messieurs, leur cria-t-il de loin, remerciez Dieu, j'ai trouvé le trésor! De l'or! de l'or! Un bloc de dix livres au moins! assez pour acheter un châ…!

Il trébucha, et tomba la face contre terre.

—De l'or! dix livres! Est-ce bien possible? demanda Victor.

—Certes, c'est possible, répondit le Bruxellois; c'est ainsi qu'on trouve parfois les plus grosses pépites. Si Kwik avait découvert un riche placer!

—Aux innocents les mains pleines, dit en riant le matelot.

—Dépêche-toi, dépêche-toi, petit Kwik chéri, s'écria Jean Creps avec une joyeuse impatience.

Tous les autres étendirent, en signe d'intérêt, les mains vers lui.

Donat accourut tout hors d'haleine et bégaya:

—Voyez, voyez quel gros bloc! Et lourd, lourd! plus lourd que du plomb!