—Ne crains rien, Donat. On n'agit jamais autrement ici avec les mulets. Il mangera et dormira très-paisiblement pendant la nuit. Demain matin, nous le retrouverons. La clochette nous dira où il est. Il ne s'éloignera pas; il est habitué à cela.

On alla dans le fourré couper le bois nécessaire pour dresser la tente. Jean Creps, qui devait être le cuisinier et qui était occupé à faire du feu, dit à Kwik:

—Tiens, prends la marmite, Donat, et cours au bas de la colline chercher de l'eau; le café sera d'autant plus vite fait.

Kwik prit la marmite et s'éloigna dans la direction désignée.

—Ça, mes amis, un peu de hâte à l'ouvrage, cria le Bruxellois. La nuit passée, nous n'avons dormi ni trop bien ni surtout trop longtemps. Reposons-nous une bonne fois, afin de pouvoir nous mettre en route de très-bonne heure. Si nous ne sommes point paresseux, nous atteindrons bientôt les mines de Yuba.

—Bientôt? Quand donc? demanda le matelot.

—Encore trois ou quatre jours et nous y sommes. Là, nous nous reposerons un peu et nous renouvellerons nos provisions dans les stores ou boutiques, pour aller plus loin au placer ignoré.

—Mais que vend-on dans les stores?

—Tout ce dont les chercheurs d'or peuvent avoir besoin: de la farine, du lard, du jambon, du sucre, du café, de l'eau-de-vie.

—Drôle d'idée d'établir une boutique à l'endroit même où les autres cherchent et trouvent de l'or! dit Victor.